Occhipinti SP68 2024
Albanello et Muscat d'Alexandrie (Zibibbo) | Sicile, Italie
Score Le Verre Noir: 92
Premières impressions
Tu débouches ça, tu te dis "bon, encore un vin orange".
Pis là tu te trompes.
C'est pas vraiment un vin orange. C'est un blanc qui a passé un peu de temps avec ses pelures, juste assez pour avoir du caractère, pas assez pour goûter le thé froid oublié sur le comptoir. Arianna Occhipinti, la productrice, c'est une légende en Sicile. Elle fait ça bio, elle fait ça nature, pis elle fait ça bien.
Le verre est trouble. Dorée. Ça a l'air vivant. C'est bon signe.
Le nez
Fleur d'oranger. Abricot. Un peu de zeste de pamplemousse.
Y'a quelque chose de floral qui te saute dessus en premier, pis ensuite ça devient plus sérieux: pierre mouillée, un peu d'herbes séchées, une pointe de gingembre. Un dégustateur a parlé de "rhubarbe en croustade" et honnêtement, je vois exactement ce qu'il veut dire.
Ça sent le fruit mûr sans sentir le bonbon. C'est la ligne fine que bien des vins manquent.
La bouche
Là, ça devient intéressant.
C'est texturé. Crémeux, presque, mais sans bois pis sans lourdeur. L'acidité est là pour tenir tout ça debout, comme un bon défenseur défensif qui fait pas les manchettes mais qui empêche les buts.
Tu goûtes le melon vert, le citron, une salinité qui revient sur la fin. La finale est longue. Pas longue genre "j'ai trop mis de sel", longue genre "ah, c'est encore là, c'est le fun".
Un commentateur a dit que ça "frappe pas mal plus fort que son prix". D'accord avec lui.
Pourquoi c'est différent
Le Zibibbo, c'est le Muscat d'Alexandrie. Normalement, ce cépage là, ça donne des vins floraux, parfumés, parfois sucrés.
Ici, c'est sec. Pis vif. Co-fermenté avec l'Albanello, un cépage sicilien que t'as probablement jamais vu sur une étiquette de ta vie.
Le résultat, c'est un vin qui se promène entre trois mondes: le blanc classique, le vin de macération, pis le vin nature. Sans tomber complètement dans aucun des trois. C'est un vin indécis, mais de la bonne manière. Comme quand tu sais pas si t'as envie de poutine ou de sushis, pis tu trouves un endroit qui fait les deux corrects.
Ce que les amateurs en disent
Sur CellarTracker, le party est partagé mais globalement positif. La moyenne tourne autour de 88, mais plusieurs amateurs montent à 92.
Les mots qui reviennent: floral, abricot, pamplemousse, salin, "plein de caractère".
Un dégustateur, CelebrationDude (pas cool ça?), a tenu à corriger CellarTracker en disant que c'est "pas un vin orange" pantoute, juste un blanc avec de la macération. Il l'a bu avec un poulet à l'ail et au citron et il était aux anges.
Côté critique pro, Eric Guido chez Vinous a donné 90 points au 2023, le décrivant comme distinctement savoureux, avec des herbes sauvages et du béton mouillé qui laissent place à des nectarines écrasées. Il note aussi que le 2023 finit vif et puissant, avec des notes de melon vert et de zeste de lime qui s'étirent longtemps.
James Suckling donne 93 au 2024. Pas pire.
"A perfumed wine full of orange blossoms, candied lemons and stone fruit with fresh lychees. Medium-bodied, it’s full of tension and crisp acidity, tight yet focused. Drink now."
Bref: tout le monde s'entend que c'est unique. C'est juste que "unique", pour certains, ça veut dire "j'adore", pis pour d'autres ça veut dire "j'suis mêlé".
Avec quoi le boire (et tout seul, ça marche-tu?)
Tout seul sur un balcon un soir chaud d'été? Absolument. C'est rafraîchissant, c'est salin, ça se boit vite.
Mais avec de la bouffe, ça devient meilleur. Plusieurs dégustateurs l'ont noté: à table, le vin se replace, l'acidité fait son travail.
Pense poulet à l'ail et citron. Salade niçoise. Poisson grillé. Des croquettes. N'importe quoi de méditerranéen avec de la fraîcheur et un peu de gras. Daniel Pinard te dirait probablement de l'essayer avec une simple grillade de légumes et un filet d'huile d'olive, pis il aurait raison.
Combien de temps le garder?
Honnêtement? Bois-le.
C'est un 2024, il est jeune, il est sur le fruit primaire. Vinous suggère une fenêtre 2024 à 2027. Quelques amateurs pensent qu'il pourrait gagner en complexité dans deux ou trois ans si les arômes tertiaires embarquent.
Mais soyons réalistes: c'est un vin de plaisir immédiat. Le garder dix ans en espérant un miracle, c'est comme garder Cole Caufield sur le banc en espérant qu'il devienne un gros bonhomme robuste. C'est pas ça la game. Profite de ce qu'il fait bien, maintenant.
Le prix, parlons-en
36,75 $.
On est dans la zone des vins plus sérieux, celle où un simple "bon" suffit plus. Pis là, le SP68 livre. C'est distinctif, c'est bien fait, ça a une vraie personnalité.
Est-ce que c'est le meilleur rapport qualité-prix de la SAQ? Non. À ce prix, t'as des options plus "faciles". Mais tu paies pour quelque chose que tu trouveras pas ailleurs: une expérience, une signature, un vin qui ressemble à personne d'autre.
Pour ça, 36,75 $, c'est correct. C'est même un bon achat.
Pour qui
Pour le curieux. Celui qui a fait le tour des Pinot Grigio pis qui veut quelque chose qui le réveille.
Pour celui qui aime les vins nature mais qui veut pas le côté "ferme à chèvres" de certains.
Pour le monde qui trippe sur les vins de macération sans vouloir un vin orange full puissant.
Si t'aimes tes blancs simples, droits, prévisibles, celui-là va te mélanger. Pis c'est correct. C'est pas pour tout le monde, pis ça, c'est justement ce qui le rend intéressant.
Verdict
L'Occhipinti SP68 Bianco, c'est un vin qui a une opinion.
Il est trouble, il est floral, il est salin, il est texturé, pis il refuse de rentrer dans une case. Certains vont l'adorer, d'autres vont rester perplexes. Mais personne va le trouver plate.
Dans un monde de blancs interchangeables, en avoir un qui a du front, ça vaut quelque chose.
Un vin avec du caractère, à un prix qui se défend.
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