La tablette « post-américaine » de la SAQ : on s'habitue ou quoi ?
L'état des lieux : un an plus tard, c'est encore l'embargo
Petit rappel pour ceux qui dormaient au gaz.
Le 4 mars 2025, la SAQ a sorti tout ce qui venait des États-Unis de ses tablettes. Vins, spiritueux, bières en transit. Tout. Un grand nettoyage de printemps avec un mois d'avance.
On est rendus en mai 2026.
Devine quoi ? L'interdiction de vendre des produits américains qui ne respectent pas les critères établis et celle de commander de nouveaux produits américains, émise le 4 mars 2025, est toujours en vigueur. SAQ
La seule exception ? En février 2026, la SAQ a remis sur les tablettes certains produits américains dont la qualité allait commencer à décliner en mars 2027, avec un rabais de 15 %, les profits étant versés aux Banques alimentaires du Québec. CP24
Traduction : on liquide les bouteilles avant qu'elles tournent en vinaigre. Charité oblige. Mais pour le reste ? Niet.
Pendant ce temps, en Ontario
Les Ontariens, eux, virent fous des vins locaux.
Les ventes de vins VQA ont augmenté d'environ 79 % la dernière année. Les ventes de produits alcoolisés ontariens en général ont augmenté d'environ 33 %, et les produits artisanaux locaux ont fait un bond d'environ 50 %. CBC News
79 %. Sept-neuf.
La demande pour le vin rouge VQA a explosé de 80 %, et la LCBO a ajouté 130 nouveaux vins ontariens dans sa section Vintages premium. Wines In Niagara
Et écoute ça. Un winemaker de Henry of Pelham raconte qu'une cliente qui buvait juste du Chardonnay californien Sonoma Cutrer a switché au Goat Lady Chardonnay et n'en revenait pas que ce soit aussi bon, et 15 piastres moins cher. Wines In Niagara
Quinze piastres moins cher. Pour un meilleur vin. Fa que.
Et nous au Québec ?
Du côté de la SAQ, c'est plus tiède. Au deuxième trimestre clos le 13 septembre 2025, les ventes ont monté de 0,4 % à 950,3 millions $. Le vin a fait +0,2 % en valeur, mais le volume a chuté de 5,6 %. The Spirits Business
On vend autant de piastres de vin, mais on boit moins de litres. Donc on paie plus cher la bouteille. Bienvenue dans la nouvelle réalité.
Les questions que personne ne pose
Quand est-ce que ça finit, cette histoire-là ?
Si Trump retire ses tarifs demain matin, est-ce que la SAQ rouvre les vannes le surlendemain ? Ou est-ce qu'on a structurellement déplacé nos habitudes vers l'Italie, l'Espagne, l'Argentine, le Portugal ?
Et surtout : est-ce que les producteurs californiens, qui ont perdu le marché québécois pendant 14 mois, vont avoir l'énergie de revenir se battre pour une tablette ? Ou est-ce qu'ils vont focusser ailleurs, genre l'Asie ?
Autre vraie question. Le Québec produit du vin. De plus en plus de bon vin, même. Si l'Ontario fait +79 % sur ses VQA, qu'est-ce qu'on attend, nous, pour propulser nos vignobles de l'Île d'Orléans, des Cantons et de Dunham au même niveau d'amour collectif ?
La morale de l'histoire
Ton ancien Zinfandel à 22 piastres ? Oublie ça pour un bout.
Mais entre toi pis moi : un Primitivo des Pouilles, un Garnacha de Calatayud ou un Malbec de Mendoza vont te faire la même job. Souvent mieux. Et tu finances pas une guerre commerciale qui te déteste.
Santé.
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