La France a fait sa pire récolte depuis Maurice Duplessis

La France a fait sa pire récolte depuis Maurice Duplessis
Tu te souviens de 1957 ? Non, ben ton vin non plus.

C'est officiel : la France est plate à terre

Les chiffres sont sortis. L'OIV a confirmé que la France aura produit 35,9 millions d'hectolitres de vin en 2025, ce qui place le pays au troisième rang mondial derrière l'Italie (47,3 Mhl) et devant l'Espagne (29,4 Mhl).

Ça sonne pas dramatique dit comme ça. Mais accroche-toi.

La production prévue est 16 % sous la moyenne quinquennale, et c'est la plus faible récolte de la France depuis presque 70 ans, juste battue par celle de 1957 qui était de 32,5 millions d'hectolitres.

1957. L'année où Maurice Richard jouait encore. L'année où le hockey passait à la radio.

Pendant ce temps, la France tirait moins de jus de ses vignes que cette année.

Pourquoi ça brûle (littéralement)

Trois raisons.

Un : la météo. Chaleur, sécheresse, maladies de la vigne et réduction structurelle de la superficie viticole, particulièrement dans le Bordelais et dans le sud de la France.

Deux : les vignerons ont arraché leurs vignes. Depuis la récolte 2024, plus de 20 000 hectares ont été déracinés à Bordeaux, dans le Sud-Ouest et en Languedoc-Roussillon. Vingt mille hectares. Pour mettre ça en perspective, c'est genre l'équivalent de 28 000 terrains de soccer qui ont disparu.

La baisse de la consommation de vin a poussé le gouvernement français à subventionner l’arrachage des vignes. Ouais.

Trois : l'Espagne aussi est dans le jus. Dans sa troisième année consécutive de sécheresse, l'Espagne a chuté à 29,4 Mhl, l'une de ses plus petites récoltes en décennies.

La gang en Italie : « Ciao les amis »

Pendant que la France pleure, l'Italie rit. L'Italie a vu sa production grimper de 8 % grâce à un printemps doux, des pluies équilibrées et un été qui n'était pas excessivement chaud.

Note importante. La hausse n'a pas été uniforme : le Sud a enregistré une augmentation majeure de 19 %, le Nord une hausse plus modérée, et au Centre, la production a en fait baissé d'environ 3 %.

Traduction pour ta tablette de SAQ : les Pouilles, la Sicile, la Campanie, ce monde-là va être le bon investissement des deux prochaines années.

Ce que ça veut dire pour toi qui magasine à la SAQ

Bon. Voici la partie où tu te dis « OK pis ? »

Moins de vin français = plus de pression sur les prix. Surtout pour Bordeaux, le Languedoc et le Beaujolais. Ton petit Côtes du Rhône à 18,95 $ qui te suit fidèle depuis cinq ans ? Il pourrait sauter à 21,95 $. Ton Sancerre du jeudi soir ? Hopla, 28,50 $.

Et c'est pas juste cette année. Le scénario décrit un secteur en pleine adaptation climatique, où le concept d'année normale devient de plus en plus rare.

Une « année normale », ça n'existe plus. Lis-moi ça deux fois.

Les questions qui méritent qu'on s'assoie

Si la France produit moins chaque année, est-ce que les grandes appellations vont devenir des produits de luxe inaccessibles à monsieur-madame-tout-le-monde ?

Si l'Italie devient le robinet stable de l'Europe, est-ce que le Chianti pis le Primitivo vont remplacer le Bordeaux pis le Côtes du Rhône comme nos « vins de tous les jours » ? J'aime bien les italiens...ma femme est italienne (donc pas trop de choix).

Et la vraie question, la sale question : quand est-ce qu'on accepte que le climat redessine la carte des vins du monde, pis qu'on commence à acheter en conséquence ?

Le take-home

Profite de ton Languedoc à 17 piastres pendant qu'il existe.

Et explore l'Italie du Sud. Sérieux. Le Negroamaro, le Nero d'Avola, l'Aglianico. Ces gars-là vont te sauver des piastres. Et te ramener du plaisir. Et on va en parler ici - we got your back.

Santé.

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