Gérard Bertrand Corbières Naturae 2023

Gérard Bertrand Corbières Naturae 2023
Du vin bio sans sulfite ajouté qui ne goûte pas le kombucha oublié dans le garage. Déjà, on part gagnant.

Two data flags before the text: the SAQ product page lists 21,85 $ while several SAQ listing pages still show 21,10 $ / 21,20 $, so confirm at the till. Also, the comments from Michel B., Johanne L. and Stella A. (Nov 2021 to Feb 2022) belong to an earlier vintage, not the 2023 currently listed. I used them for general character only.

Gérard Bertrand Corbières Naturae 2023

Du vin bio sans sulfite ajouté qui ne goûte pas le kombucha oublié dans le garage. Déjà, on part gagnant.

Grenache 50 %, Carignan 30 %, Syrah 20 % | Corbières, Languedoc-Roussillon, France

Code SAQ : 14751964 | 21,85 $

Score Le Verre Noir : 92

Première impression

Quand tu vois « sans sulfite ajouté » sur une étiquette, ton cerveau se prépare au pire. Cidre de garage. Vernis à ongles. Le fameux vin qui sent la ferme un mardi matin.

Celui là, non.

Robe rubis foncé, presque violette sur les bords. Ça sent le sud de la France avant même que tu approches le verre. C'est propre, c'est net, c'est du vrai vin fait comme du monde. Le genre de bouteille qui joue sur le quatrième trio mais qui compte des buts comme un troisième.

Le nez

Cerise noire et mûre en avant, bien mûres, mais pas dans le jus de fruit.

Ensuite arrive la garrigue. Si le mot te dit rien: c'est le bois du sud de la France. Thym, romarin, laurier, roche chaude au soleil. C'est exactement ça que tu sens.

Un peu de poivre noir derrière, une pointe de réglisse, et zéro maquillage de bois neuf. Pas de vanille, pas de noix de coco, pas de chêne américain qui hurle. Le fruit parle tout seul.

La bouche

14,5 % d'alcool, et pourtant ça ne t'écrase pas. C'est la magie du truc.

Attaque souple, presque veloutée. Tanins présents mais polis, jamais râpeux. Le sucre résiduel est à 1,6 g/L, donc c'est sec, sec, sec. Ce que tu perçois comme rondeur, c'est le Grenache et le soleil, pas du sucre caché.

La finale réchauffe un peu la gorge et laisse un goût d'herbes séchées et de fruit noir. Pas une finale de dix minutes, mais honnête et propre.

Et surtout: ça se boit tout seul, verre après verre. Faut faire attention, c'est un traître à 14,5 %.

Pourquoi il est différent

Mets le à côté d'un Côtes-du-Rhône à 22 $. Même famille de raisins, même chaleur, mais le Corbières ajoute du Carignan. Résultat: plus sauvage, plus herbacé, moins lisse. Le Rhône est le cousin bien peigné, le Corbières est celui qui revient de camping.

Mets le à côté d'un Bordeaux au même prix. Le Bordeaux à 22 $, souvent, c'est maigre, un peu vert, un peu sévère. Ici, tu as du fruit mûr, du soleil et de la générosité. Pas de leçon de morale dans le verre.

Mets le à côté d'un Shiraz australien. L'Australien te donne de la confiture et de la vanille. Le Corbières te donne des herbes, de la pierre chaude et du poivre. Deux univers.

Et le vrai différenciateur: pas de sulfite ajouté. Ça veut dire aucun filet de sécurité pendant la vinification. Un vigneron qui rate son coup avec cette méthode, ça se sent tout de suite. Gérard Bertrand ne le rate pas. C'est du vin nature qui goûte le vin, pas l'expérience scientifique.

Petit rappel en passant: les sulfites, c'est rarement le vrai coupable de ton mal de bloc. Le vrai coupable, c'est souvent la quatrième bouteille. Mon opinion remarquez.

Ce que le monde en dit

Six avis sur le site de la SAQ, 100 % de satisfaction. Pas un seul mécontent. C'est rare.

Le meilleur commentaire de la gang, celui de Louis D., résume tout:

« J'ai acheté ce Corbières en rapport avec les commentaires, il n'y en avait que 4 mais j'ai fait confiance . . . et j'ai bien fait. Sans sulfite, taux d'alcool 14,5 assez élevé, mais un vin tout en nuance et en subtilité. »

Le gars s'est même assis avec sa blonde pour valider les arômes un par un. On approuve la méthode.

Lucie A., en janvier 2026, fait plus court:

« Excellent vin, qualité prix. »

Johanne L. sort la meilleure formule de toutes:

« Excellent, un passe-partout de classe. »

Passe-partout de classe. On aurait pas trouvé mieux nous mêmes.

Et Michel de Longueuil, sur un millésime plus vieux, y va d'une envolée poétique assumée:

« Il caresse les levres avec velour et une tres grande souplesse. »

Michel, on t'aime.

Le seul bémol qui revient dans les avis, c'est pas le vin. C'est la disponibilité. Le monde le trouve, l'aime, et le retrouve plus.

Avec quoi le boire

C'est un vin de bouffe, mais pas un vin capricieux.

Côtes levées sur le BBQ, saucisses italiennes, merguez, agneau grillé, burger maison avec du fromage fort. Il est fait pour ça.

Un cassoulet ou un ragoût de boulettes un dimanche de novembre, aussi.

Végé? Ratatouille, aubergine grillée, pizza aux champignons. Les herbes du vin répondent directement aux herbes du plat.

Et tout seul devant la télé? Oui, ça passe. Mais à 14,5 %, il descend vite et il tape. Sers le légèrement frais, autour de 16 degrés. Vingt minutes au frigo avant de servir, ça change tout.

Combien de temps le garder

Ici, sois honnête avec toi même: c'est pas un vin de cave.

Sans sulfite ajouté, il n'y a pas de garde du corps dans la bouteille. Le vin est vivant, il évolue vite, et il déteste la chaleur.

Bois le d'ici un an, deux ans maximum. Son meilleur moment, c'est maintenant. Garde le couché, dans un endroit frais et stable, pas sur le comptoir à côté du grille pain.

Une fois ouvert: finis la bouteille le soir même, ou le lendemain au plus tard. Sans soufre, l'oxygène fait son travail vite. Après 48 heures, tu bois plus le même vin.

Le prix et la valeur

À 21,85 $, on est en plein dans la zone des vins de tous les jours, et c'est là que ce vin fait mal à la compétition.

Pour ce montant, tu as du bio, du sans sulfite ajouté, une vraie appellation avec des règles, et surtout du caractère. La plupart des rouges à 22 $ à la SAQ sont interchangeables. Celui là, tu le reconnais les yeux fermés.

Le seul enjeu, c'est de le trouver. Il entre et il sort de l'inventaire. Quand tu en vois, prends en trois. Pas une.

Qui va capoter sur ce vin là

Celui qui aime les rouges du sud: Rhône, Languedoc, Provence. Terrain connu, bonne surprise.

Celui qui cherche du bio ou du nature sans embarquer dans les bouteilles bizarres à 45 $ qui goûtent le cidre.

Celui qui arrive chez des amis avec une bouteille et qui veut avoir l'air de savoir ce qu'il fait.

Par contre, si tu trippes gros Cabernet californien plein de vanille et de bois neuf, tu vas trouver ça maigre. C'est pas le même sport.

Le verdict

Un Corbières bio, sans sulfite ajouté, à 21,85 $, qui livre du fruit, des herbes et de la souplesse sans jamais tomber dans le bizarre. C'est solide, c'est constant, et ça passe partout.

Johanne l'avait dit avant nous: un passe-partout de classe.

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