2019 Martin’s Lane Naramata Ranch Pinot Noir
94 points – Pinot sérieux, pas Pinot de chalet. Du Canada en plus.
Il reste quelques bouteilles encore à la SAQ, Code 15515023, 101,75 $
Le 2019 de Martin’s Lane, c’est un peu le Pinot Noir qui arrive au party tranquille, dit bonjour à personne, reste cinq minutes dans son coin… puis après un peu d’air, devient soudainement la personne la plus intéressante de la soirée. Millésime frais en Okanagan, longue maturité, alcool modéré, finesse plutôt que muscles : bref, tout ce qu’un Pinot de climat frais rêve d’être au CV.
Au nez, ça part doucement, presque gêné : prune de printemps, cerise noire, violette séchée. Puis le vin prend confiance et développe du champignon, du silex, du clou de girofle et de la pierre mouillée comme si la Naramata Bench venait de t’envoyer un texto : « tu me connais-tu vraiment? ». Plusieurs dégustateurs notent que ça s’ouvre lentement mais sûrement, comme un introverti brillant.
En bouche, c’est encore mieux. Le début est subtil, presque un murmure de fruits rouges, d’épices et de bois noble. Puis soudain : boum, tout s’allume. Le mid-palate explose sur la cerise, la prune, une touche de pruneau élégant (oui, ça existe), des notes terreuses, du fer, du clou, un côté salin irrésistible et une texture satinée qui fait presque oublier que c’est un vin canadien et non un vol Bourgogne à 200 dollars la bouteille. L’acidité est moyenne, les tannins sont polis, la finale est longue et propre, avec une minéralité en trame de fond qui fait très “Pinot qui se respecte”.
Côté évolution, 2025 marque la sortie de sa phase un peu serrée et l’entrée dans quelque chose de plus harmonieux. On peut le boire jusqu’en 2029 sans stress, peut-être plus si ta cave est plus froide que ton frigo. Une petite carafe de 30 à 60 minutes lui fait le plus grand bien.
À table, c’est un monstre d’accords. Le canard confit français? Un match parfait. Risotto aux champignons, oiseaux rôtis, salade de betteraves grillées avec chèvre, ragoût de lentilles truffé pour les végétariens fancy : ce Pinot embarque dans tout. Il met même de l’ambiance.
Côté terroir et technique, Martin’s Lane ne niaise pas : certifié bio, parcelles en altitude, clones bourguignons soigneusement choisis, lac Okanagan qui joue le rôle de climatisation naturelle. Tout ça pour un vin qui raconte plus l’endroit que la mode du moment.
En conclusion, ce 2019 Naramata Ranch n’est pas un Pinot show-off. C’est un Pinot intelligent, précis, minéral, qui récompense les gens patients et les soupers un peu plus contemplatifs. Ceux qui aiment le Bourgogne “à l’ancienne” risquent d’avoir un petit moment d’émotion. Et ceux qui veulent montrer que le Canada fait du grand Pinot… vous venez de trouver votre bouteille.
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